reversibility

2004.04.21

Douglas Edric Stanley

Dans son livre La relation comme forme, et même pourrait-on dire depuis ses tous premiers travaux sur l'interactivité, Jean-Louis Boissier avance que,

"l'ordinateur perpétue la réversibilité d'un appareil qui s'implique autant dans la production que dans la distribution. C'est une preuve supplémentaire du continuum réversible qu'opère le numérique" (p.281).

Sa réference est celle des débuts du cinéma, où l'appareil qui servait à enregistrer les images était le même qui les réproduisait en tant que projecteur.

"La machine reste la même, qui voit le travail de l'auteur et de ses lecteurs, qui partage l'exercise de ses utilisateurs" (p.181).

Mais s'il prolonge ce continuum dans le cadre de la saisie des images, sons, et relations du réel, j'aimerais moi plutôt insister sur un autre continuum, un continuum de ce que l'informatique aurait de plus singulier, c'est-à-dire le continuum de ses opérations algorithmiques. Car, s'il existe une réversibilité où le joueur d'un objet interactif toucherait quelque chose de la fabrication de cette chose, celle-ci doit forcémment passer par le code. Le code qui anime le jeu que joue le joueur informatique, est forcémment le "même" code que le programmeur a façonné dans son travail en amont. Et comme l'objet qui se trouve du côté de l'auteur et du côté de l'interacteur reste le même, nous pouvons réellement parler d'une réversibilité qui irait même -- et c'est ici la différence -- jusqu'à faire violence au geste premier de l'auteur, du codeur, ou du programmeur.