fun

2001.04.23

Douglas Edric Stanley

"Programming is fun!"

Ce slogan, que j'ai acquis dans mon enfance à Silicon Valley, doit être entendu à la fois comme une revendication et une définition. C'est l'idée qu'il y ait une culture de la programmation, mais aussi que l'acte de programmer est en lui-même ludique et un lieu de l'interactivité. Nous savons, depuis au moins l'interface graphique, que l'ordinateur devient de plus en plus un objet ludique dans son ensemble, et que le jeu devient de plus en plus notre interface vers la machine. Cela ne devrait pas nous étonner, car la machine devient de plus en plus complexe, ou pour parler plus précisément, elle est de plus en plus stratéfiée par des couches d'abstractions programmatiques. Comme le souligne Lev Manovich, l'interface graphique est devenue elle-même un langage permettant des operations, des procédés de répétition, de variation, et de construction. Descendant ensuite dans des couches plus basses de la machine, on se rend compte à quel point la machine est à tout moment réactive et prête à explorer pratiquement n'importe quoi, à mesure de saisir l'architecture du niveau de programmation où on se place. A partir du principe donné par Von Neumann où les operations sont elles-mêmes des données comme des autres, on se rend compte vite que le programmeur peut jouer et expérimenter avec la machine avec les changements ne serait-ce que d'une seule donnée : un 253 devient 254 et voilà qu'un comportement tout autre emerge.