Il est important de noter que bien que cette machine s'inspire largement des recherches sur la réactivité de John Maeda, elle ouvre ces recherches vers une véritable utilisation musicale de l'objet réactif, suggérant que celui-ci s'est basculé depuis dans le régime de instrument, voire même dans le cas d'une réaffectation future vers la plateforme. Dans le diagramme microphone, nous avons suggéré dans notre décortication de Messa di Voce que ce bascul serait éventuellement dû à l'introduction de la notion d'une mémoire via l'affectation d'une variable supplémentaire à celle de voix qui rentre. L'abstraction ajoute une couche supplémentaire, qui consiste à manipuler une variable en décalé via une deuxième. Cette abstraction a l'air d'être l'ingrédient qui a effectivement basculé l'usage possible de cet objet purement ludique (cf. le « ludus » de Caillois dans Les jeux et les hommes). Car au lieu de manipuler un objet dans une échelle de 1:1, nécessitant d'être en permanence en relation avec l'objet pour l'animer, les lignes de Messa di Voce sont maintenant accompagnatrices à notre performance qui n'est plus soumis à une préoccupation permanente pour dessiner quelque chose sur l'écran. Les silences autant que les hauteurs produisent toujours de l'image, d'où la possibilité d'utiliser Messa di Voce dans un contexte performatif.