Cette installation fait partie de l'exposition de John Maeda, Post Digital à l'ICC Intercommunication Center. Il s'agit d'un petit programme écrit en langage BASIC avec les instructions suivantes :

{{
10 PRINT "MAEDA ";
20 GOTO 10
}}

Le même programme est également utilisé dans son livre maeda@media comme illustration de « l'importance du syntaxe » (John Maeda ; maeda@media ; 2000 ; pp. 18-19) dans le rendu final d'un programme. Bien que son rapprochement entre le codage informatique et le syntaxe humain soit un peu trop approximatif pour être pris au sérieux, il arrive à démontrer qu'avec de très légers changements d'un même programme de base — ajoutant une virgule par-ci, un espace par-là — le resultat visuel se peut transformer de façon significative :

La boucle infinie met en évidence l'un des processus fondamentaux de la programmation informatique : on demande à la machine de faire quelque chose jusqu'à ce qu'elle soit interrompue par une intervention humaine, des défaillances du système ou une coupure de courant. Le plus léger changement dans les instructions d'un programme peut produire une erreur ou, au mieux, une variation significative des données de sortie. Ici, l'ajout d'un simple signe de ponctuation, respectivement un point-virgule et une virgule, modifie la structure des données de sortie.

Dans notre langue, la ponctuation est censée changer le sens de ce qui est écrit ou bien apporter une nuance. Il n'est donc guère surprenant qu'elle produise le même effet sur un programme. Le moindre ajout d'un espace entre deux lettres apporte son lot de petites surprises.
– John Maeda ; maeda@media ; 2000 ; pp. 18-19

Maeda, programme APPLE II BASIC

Néanmoins, dans l'exposition Post Digital, l'effet est plutôt nostalgique, faisant référence alors à sa découverte de la programmation pendant son enfance. Du coup, l'illustration se transforme en un autoportrait de l'artist-programmeur, l'équivalent narcissique du célèbre Hello World.

cf. GOTO, jump